Livre - Book / 2026
La Caravelle
Félix Colardelle / Éditions Charbon
Bientôt épuisé !
"La Caravelle, plus communément appelé les Aygalades, est un cours d’eau long de 17 kilomètres qui traverse les quartiers nord de Marseille. Le ruisseau s’écoule aujourd’hui discrètement dans le paysage, quand il n’est pas sous terre ou sur des terrains privés, et laisse apparaître un mince filet d’eau, tantôt canalisé par des infrastructures en béton, tantôt caché par la végétation qui pousse de part et d’autre de ses rives.
Le livre présenté ici témoigne de mes explorations autour du ruisseau et présente un état des lieux des liens complexes entre la ville, les habitant·e·s et les espaces naturels. L’exercice de la photographie m’a amené à faire de longues marches à travers les quartiers qui bordent le ruisseau. La dimension documentaire de ce projet se couple à un travail de recherche historique aux Archives Départementales et Municipales de Marseille et un travail d’écriture d’Antoine Devillet. C’est une écriture à plusieurs entrées composée à partir de mes photos, un enchevêtrement d’intuitions, de savoirs et de partage. Antoine est philosophe. Depuis plusieurs années, il arpente le ruisseau avec le collectif des Gamarres. C’est avec lui que j’ai remonté le cours d’eau pour la première fois. Les photographies et légendes de ce livre ont été produite entre 2021 et 2023. Ce livre est une archéologie visuelle qui explore les notions de mémoire et d’usages que révèlent ce cours d’eau.
L’eau a une valeur symbolique très importante qui a tendance à déterminer notre comportement face à celle-ci. Il faudrait même parler « des eaux », car nous faisons clairement la distinction entre ses différents usages. Il y a l’eau rêvée – celle des cascades, des rivières, des lacs de montagne – et il y a l’eau domestique, celle qu’on met en gestion, qui coule dans nos robinets, nos salles de bains, nos cuisines. Cette distinction entraîne des rapports différents quand il s’agit d’étudier la façon dont on se comporte avec cette eau. La signification du mot provençal Ayga- lades, « eaux abondantes », est peu représentative de ce qu’est devenu le ruisseau. Les usages industriels, l’urbanisation et les activités humaines ont peu à peu canalisés son débit, rendu les berges invisibles et rompu l’équilibre écologique du milieu. Ici, la disparition physique et son oubli dans l’imaginaire collectif comme dans la gestion urbaine ont mis à mal les conditions d’existence du cours d’eau. La Caravelle a subi de grands travaux d’aménagement laissant penser qu’elle n’aurait plus sa place dans ce milieu urbain, mais récemment, quelques changements sont initiés donnant de nouvelles perspectives à son existence. Le cours d’eau devient l’objet de différentes projections, lui accordant différents usages et s’adressant à différents publics. C’est là qu’intervient la photographie, dont l’un des rôles est précisément de révéler ce qui demeure invisible. Car la particularité d’un cours d’eau comme la Caravelle est qu’il oscille entre ces deux représentations. En examinant et en consignant les empreintes matérielles et mémorielles que laisse apparaître le cours d’eau, il devient possible de mieux appréhender les rapports qu’entre- tiennent les riverain·e·s avec leur territoire."
Félix Colardelle
Français
Couverture : Sérigraphie
Pages intérieures : quadrichromie
ISBN 978-2-488153-01-0


























